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Cher tous,
Comment allez-vous?
Pour moi tout se passe pour le mieux. Les semaines se succèdent sans trop de changement. Il faut de la stabilité pour pénétrer une nouvelle culture. Il faut du temps pour connaître l'autre et être accueilli par lui. Je n'ai pas le temps de m'ennuyer. Je suis en train de confectionner un carnet de chant, je donne mes cours et corrige les devoirs (ce qui prend du temps), j'aide à l'internat, je donne des leçons de catéchisme, je fais partie de la commission des vocation où je devrais aider pour faire un album photos de toutes les communautés présentes sur le diocèse et je doit préparer un questionnaire sur St-Paul, etc…bref ! les journées sont bien occupées. Et de plus ici les journée sont moins longues car il faut se reposer d'avantage dans la journée (sieste) afin de ne pas tomber malade (typhoïde, paludisme,…) Donner des cours, être professeur est une chose que j'aime beaucoup, mais c'est très fatigant, les jeunes ne sont pas moins agité que chez nous.
Le week-end dernier on m'a invité à prêcher une récollection de l'Avent pour des jeunes à Boukoumbé du fait que je fait partie de la commission diocésaines des vocations. Ainsi Samedi, après un pèlerinage à pied avec les catéchumènes de la Paroisse St Jean Baptiste (ma paroisse) à N.D. de l'Atacora (Sanctuaire Marial), j'ai pris la Mate (scooter) pour tracer sur les chemins de pistes en pleine brousse et cela en plein soleil. Le paysage est magnifique. Partout il y a des feux de brousse, ce qui soit dit en passant est une catastrophe, car ça appauvrit terriblement la terre. Boukoumbé est dans le pays ditamari (éthnie), c'est là qu'on trouve les fameux « tatas », maison traditionnelle de cette région. En route je me suis arrêté à la buvette Ste Bernadette tenue par la paroisse de Koussou. Voyez même l'Eglise a sa buvette. Dimanche matin j'ai donc donné ma petite conférence à une trentaine de jeunes environ. Le thème était « Jeune prends ta vie au sérieux et offres là au Christ comme St Paul ». En gros je leurs ai parlé d'une vie menée dans l'Amour, et un Amour vrai. Tout c'est très bien passé jusqu'au moment de reprendre ma Mate. En effet je me suis rendu compte qu'on m'avait vidé mon plein. Il n'y avait plus une goutte de jus. Pourtant la Mate était garée dans une pièce du presbytère. L'abbé Henry, séminariste stagiaire, pense que c'est le cuisinier qui a fait une petite sorite nocturne avec les chauves souris géantes qu'on trouve là bas. Mais cela n'est pas si grave et je rends grâce à Dieu qu'il ne me soit rien arrivé de pire.
Les africains ont beaucoup des choses à nous apprendre, à nous réapprendre, il faut faire attention à l'orgueil occidental. Je pense surtout à la famille qui est sacrée. La société de consommation n'a pas encore fait ses ravages. L'individualisme et le rationalisme non plus. Mais notre culture occidentale est en train de contaminer petit à petit l'Afrique. Surtout par la télévision, mais aussi par des organismes soit disant à œuvres caritatives, mais avec des idéologies perverses. Cependant les africains ont de la peine à trier le bon grain de l'ivraie livré par l'occident. Tout comme chez nous il y avait l' « American dream » au XIX et XXème siècle il y a ici ce que j'appelle le « rêve européens », avec beaucoup d'illusions. Un exemple parmi beaucoup d'autres, un jeune de l'internat (8 ans) me demandait de lui donner ma peau blanche afin de pouvoir venir avec moi en europe. Beaucoup rêvent de l'Europe et croient y trouver une vie plus facile. Alors que les aides des nos gouvernements ou d'autres œuvres soi-disant caritatives ne sont pas désintéressées. Nous profitons de la pauvreté de l'Afrique pour en tirer ses biens. Elle est comme une belle jeune fille facile à courtiser. Tout le monde peut venir aisément en Afrique, circuler comme il veut et faire ce qu'il veut. Tous les puissants flirtent avec l'Afrique. On abuse d'elle. L'Afrique n'est pas vraiment entre les mains des africains, ses leaders sont des sous-fifres qui reçoivent des ordres de haut, de l'extérieur. L'Afrique est en crise d'identité. Les africains sont perçus comme les grands mendiants de la terre. Qu'ils ont parfois même honte de leur peau noire.
L'évangile libère et je le vois. Depuis que les missionnaires sont là il y a mois d'enfants tué car soit distant « sorcier ». Les orphelins sont pris en charge. On n'a de moins en moins peur du sorcier et de ses sorts maléfiques etc… Et cela pour le bien de tous, catholiques ou non. (La grande majorité des enfants de l'internat de la paroisse ne sont pas baptisé. Il est vrai qu'on les fait prier tous les jours un peu et bien sûr que s'ils demandent le baptême on en sera très heureux) Mercredi il y a deux semaines le Papa a dit lors de l'audience générale:
« Nous nous sentons plus sûrs, libérés de la peur. Cela était un effet essentiel de la prédication chrétienne. La peur des esprits, des divinités était répandue dans tout le monde antique et aujourd'hui également les missionnaires trouvent la peur des esprits, des pouvoirs néfastes qui nous menacent, mêlés à de nombreux éléments positifs des religions naturelles. Le Christ vit, a vaincu la mort et a vaincu tous ces pouvoirs. Nous vivons dans cette certitude, dans cette liberté, dans cette joie. C'est le premier aspect de notre vie concernant l'avenir. »
C'est en voyant la liberté des enfants de Dieu et le dévouement, l'amour qui se communique gratuitement, que certains ensuite sont touchés et demandent le baptême pour eux et pour leurs enfants. Mais jamais on ne les oblige. Beaucoup de mes étudiants sont musulmans et mon intension n'est pas de les convertir mais de les instruire et de leur témoigner de l'amour infini de Dieu pour moi. « Je suis chargé de vous le dire, pas de vous le faire croire »
« L'E.C. se veut ouvert à tous ceux qui acceptent son projet éducatif : on respectera donc la liberté religieuse et la conscience des élèves et des familles. La liberté est fermement défendue par l'Église. » Refusant tout endoctrinement, l'Eglise Catholique sait bien que sa mission consiste à servir l'homme.
A tout bientôt et Joyeux Noël avec un peu d'avance
Unis dans le cœur du petit enfant Jésus
Olivier
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